PERRAULT, Charles, Parallèle des Anciens et des Modernes. En ce qui regarde les arts et les sciences. Dialogues. Avec le poëme du siècle de Louis le Grand et une épistre en vers sur le génie, Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1688, 4 vol., vol. I.

Bibliothèque Nationale de France Paris Z-12761 103 quotations 72 terms
D'abord secrétaire de la Petite Académie, puis premier commis de Colbert et enfin contrôleur général aux Bâtiments du roi, Charles Perrault (1628-1703) fait partie des acteurs majeurs des sociétés artistiques et littéraires de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Issu d'une famille de lettrés appartenant à la grande bourgeoisie parisienne, il participe aux discussions de l'Académie royale de peinture et de sculpture dès 1667, puis contribue pleinement à l'intégration des discours de gens de lettres qui s'opère au sein des Conférences à la fin du XVIIe siècle [1]. C'est également lui qui inspire la nouvelle organisation des Conférences instaurée par Colbert dans les années 1666-1667, consistant à analyser tous les mois un tableau du Cabinet du roi [2]. En 1671, il est par ailleurs élu à l'Académie française.
Avec le Parallèle des Anciens et des Modernes dont la parution s’échelonne de 1688 à 1697, Perrault étaye les positions qu’il a pu prendre en faveur de ses contemporains et de leurs productions. Son ouvrage s’inscrit en effet dans la continuité de son poème Le siècle de Louis Le Grand (reproduit ici à la fin du premier volume) lu devant l’Académie française au début de l’année 1687, qui représente l’une des étapes marquantes de la Querelle des Anciens et des Modernes. Dès la préface, il rappelle ce contexte et répond aux critiques des partisans des Anciens tout en synthétisant son point de vue : « Qu’en un mot, je suis très convaincu que si les Anciens sont excellens, comme on ne peut pas en disconvenir, les Modernes ne leur cèdent en rien, & les surpassent mesme en bien des choses ». 

Son texte s’organise sous la forme d’un dialogue comprenant trois intervenants qui incarnent les différents courants de pensée de l’époque. Figurent ainsi le Président, présenté par le narrateur comme un savant et amateur des ouvrages des Anciens, puis un Abbé, représentant du parti des Modernes défendu par Perrault, et enfin un Chevalier qui « tient comme le milieu entre le President & l’Abbé » (p. 4). À travers ses quatre volumes eux-mêmes divisés en dialogues, l’auteur s’attache à comparer les réalisations des Anciens et des Modernes dans de nombreux domaines comme les arts (premier volume), l’éloquence (deuxième volume),  la poésie (troisième volume) et enfin l’astronomie, la philosophie, la médecine, etc. (quatrième volume). 
Le premier volume qui nous intéresse ici prend place à Versailles que les trois intervenants parcourent en l’absence du roi. Ils discutent dans un premier temps d’architecture, puis de sculpture, pour terminer par la peinture (à partir de la page 197). L’auteur compare ainsi l’art de Timanthe, de Parrhasios, Zeuxis, Protogène, ou encore d’Apelle, à celui de Raphaël, Titien, Véronèse, Poussin et surtout Le Brun. 

Au-delà de ses prises de position pour le camp des Modernes dont il est l’un des grands représentants, Perrault témoigne ainsi tout au long de son texte de son engagement au profit de la politique artistique et culturelle instrumentalisée par Louis XIV et Colbert.

Marianne Freyssinet

[1] C. Michel et J. Lichtenstein (dir.), Conférences (…), t. 1, vol. 1, Paris, ENSBA, 2006, p. 47. 
[2] Ibid., p. 101 et suivantes.
in-12 french
Structure
Préface at n.p.
Privilèges at n.p.
Épître(s) at p. 27

PERRAULT, Charles, Parallele des Anciens et des Modernes en ce qui regarde les arts et les sciences. Dialogues. Avec le poëme du siecle de Louis le Grand, et une epistre en vers sur le genie. Par M. Perrault,... Seconde edition, Paris, Veuve et fils de Jean-Baptiste Coignard, 1692 - 1693, 2 vol.

PERRAULT, Charles, Parallèle des Anciens et des Modernes... par M. Perrault... Mit einer einleitenden Abhandlung von H. R. Jauss und kunstgeschichlichen Exkursen von M. Imdahl, IMDAHL, Max et JAUSS, Hans Robert (éd.), München, Eidos Verlag, 1964.

PERRAULT, Charles, Parallèle des anciens et des modernes, en ce qui regarde les arts et les sciences : dialogues : avec le poème du siècle de Louis le Grand, et une épître en vers sur le génie, Genève, Slatkine Reprints, 1979, 4 vol.

PERRAULT, Charles et KOCH, Cornelius Dietrich, , trad. par KOCH, Cornelius Dietrich, Hamm, Hermann Daniel, 1719.

DAVIDSON, Hugh M., « Fontenelle, Perrault, and the realignment of the arts », dans WILLIAMS, Charles G.S. (éd.), Literature and History in the Age of Ideas: Essays on the French Enlightenment, Columbus, Ohio State University Press, 1975, p. 3-13.

ULLMAN, Roger Thomas, Charles Perrault and the idea of progress, Dissertation, Harvard University, 1983.

BECQ, Annie, Genèse de l'esthétique française moderne : de la raison classique à l'imagination créatrice, Paris, Albin Michel, 1994.

LOPRÈTE, Sylvie, Charles Perrault dans la querelle des Anciens et des Modernes : implications esthétiques et philosophiques de l'oeuvre polémique de Charles Perrault, le Parallèle des Anciens et des Modernes, Thèse de doctorat, Université Jean Moulin - Lyon III, 1998.

KRISTELLER, Paul Oskar, Le système moderne des arts : étude d'histoire de l'esthétique, Nîmes, Jacqueline Chambon, 1999.

YILMAZ, Levent, Le temps moderne : variations sur les Anciens et les contemporains, Paris, Gallimard, 2004.

BERNIER, Marc André, Parallèle des anciens et des modernes : rhétorique, histoire et esthétique au siècle des Lumières, Québec, Presses de l'Université de Laval, 2006.

FRICHEAU, Catherine, « Des Modernes aux Encyclopédistes. Le bon sens de l'idée de progrès ? », Dix-Huitième siècle, 2008/1, n°40, 2008, p. 543-559 [En ligne : https://www.cairn.info/revue-dix-huitieme-siecle-2008-1-page-543.htm consulté le 09/02/2018].

MONTOYA, Alicia Celina, Medievalist enlightenment : from Charles Perrault to Jean-Jacques Rousseau, Cambridge, D.S. Brewer, 2013.

NORMAN, Larry F., « La pensée esthétique de Charles Perrault », Dix-Septième siècle. Les frères Perrault, 2014/3, n°264, 2014, p. 481-492 [En ligne : https://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2014-3-page-481.htm consulté le 09/02/2018].

BULLARD, Paddy et TADIÉ, Alexis, Ancients and moderns in Europe : comparative perspectives, Oxford, Voltaire Foundation, 2016.

FILTERS

QUOTATIONS

Ce fut  assez qu’une chose eust esté faite ou dite par ces grands hommes pour estre incomparable, & c’est mesme encore aujourd’huy une espece de Religion parmy quelques Sçavans de preferer la moindre production des anciens aux plus beaux Ouvrages de tous les modernes. J’avouë que j’ay esté blessé d’une telle injustice, il m’a paru tant d’aveuglement dans cette prevention & tant d’ingratitude à ne pas vouloir ouvrir les yeux sur la beauté de nostre Siecle à qui le Ciel a departi mille lumieres qu’il a refusées à toute l’Antiquité, que je n’ay pû m’empescher d’en estre émû d’une veritable indignation […].
Il est vray qu’un celebre Commentateur m’a foudroyé dans la Preface de ses Notes, où ne me jugeant pas digne d’estre seul l’objet de son indignation, il s’adresse à tous les profanes qui se contentent comme moy de reverer les Anciens sans les adorer, & là du haut de sa science il nous traite tous de gens sans goust & sans autorité.

moderne

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SPECTATEUR → jugement

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SPECTATEUR → jugement
SPECTATEUR → connaissance

ancien

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SPECTATEUR → jugement

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SPECTATEUR → jugement
SPECTATEUR → connaissance

[…] Qu’en un mot je suis tres convaincu que si les Anciens sont excellens, comme on ne peut pas en disconvenir, les Modernes ne leur cedent en rien, & les surpassent mesme en bien des choses. Voila distinctement ce que je pense & ce que je pretends prouver dans mes Dialogues.

moderne

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SPECTATEUR → jugement

ancien

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SPECTATEUR → jugement

[…] Si je suis blâmable en quelque chose, c’est de m’estre engagé dans une entreprise au dessus de mes forces ; car il s’agit d’examiner en détail tous les beaux Arts & toutes les Sciences, de voir à quel degré de perfection ils sont parvenus dans les plus beaux jours de l’antiquité, & de remarquer en même temps ce que le raisonnement & l’experience y ont depuis ajoûté, & particulièrement dans le Siècle où nous sommes.

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SPECTATEUR → jugement
CONCEPTS ESTHETIQUES → antique

Conceptual field(s)

CONCEPTS ESTHETIQUES → antique
CONCEPTS ESTHETIQUES → beauté, grâce et perfection
SPECTATEUR → jugement

Conceptual field(s)

CONCEPTS ESTHETIQUES → antique
CONCEPTS ESTHETIQUES → beauté, grâce et perfection

Le premier des Dialogues que je donne presentement, traite de la prevention trop favorable où on est pour les Anciens, parce que j’ay crû devoir commencer par détruire autant qu’il me seroit possible, ce qui empeschera toûjours de porter un jugement équitable sur la question dont il s’agit.

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SPECTATEUR → jugement

[…] LE PRESIDENT. Et moy je le prens aussi volontiers pour le champ de bataille qui ne peut que m'être favorable & à l'honneur de l'Antiquité que je défens, puisque ses plus grandes beautés consistent dans l'amas precieux des figures antiques & des tableaux anciens qu'on y a portez, & que le surplus de ce Palais [ndr : Versailles] ne peut être considerable qu'autant que les ouvriers qui y ont travaillé ont eu l'adresse de bien imiter dans leurs ouvrages la grande & noble manière des Anciens.

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MANIÈRE ET STYLE → le faire et la main

Conceptual field(s)

CONCEPTS ESTHETIQUES → antique

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CONCEPTS ESTHETIQUES → beauté, grâce et perfection

Conceptual field(s)

MANIÈRE ET STYLE → le faire et la main
CONCEPTS ESTHETIQUES → antique
CONCEPTS ESTHETIQUES → grandeur et noblesse

LE PRESIDENT. Ce plafond [ndr : à Versailles] frappe agréablement la vûë, & me fait souvenir de ces beaux morceaux de Fresque que j'ay vûs en Italie. [...]
LE CHEVALIER. J’aime à voir dans ces Galleries, où l’œil est trompé, tant la Perspective y est bien observée, […].

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → perspective
SPECTATEUR → perception et regard
EFFET PICTURAL → trompe-l’œil

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → perspective
SPECTATEUR → perception et regard
L’ARTISTE → qualités

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → perspective
SPECTATEUR → perception et regard

LE PRESIDENT. Si la Sculpture moderne l’emporte si fort sur la Sculpture antique par cet endroit que vous marquez [ndr : un bas-relief de François Anguier], il faut que la Peinture d’aujourd’huy soit bien superieure à celle des Anciens, puisqu’enfin c’est d’elle que la Sculpture a appris tous ces secrets de degradation & de perspective.

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → perspective
EFFET PICTURAL → qualité de la composition

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → perspective

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PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → comparaison entre les arts

LE PRESIDENT. Si la Sculpture moderne l’emporte si fort sur la Sculpture antique par cet endroit que vous marquez [ndr : un bas-relief de François Anguier], il faut que la Peinture d’aujourd’huy soit bien superieure à celle des Anciens, puisqu’enfin c’est d’elle que la Sculpture a appris tous ces secrets de degradation & de perspective.
L’ABBE. J’en demeure d’accord, & la consequence en est tres juste ; mais puisqu’il s’agit presentement de la Peinture, il faut commencer par la distinguer suivant les divers temps où elle a fleuri, & en faire trois classes : Celle du temps d’Appelle, de Zeuxis, de Timante, & de tous ces grands Peintres dont les Livres rapportent tant des merveilles ; Celle du temps de Raphael, du Titien, de Paul Veronese, & de plusieurs autres excellens Maistres d’Italie, & Celle du siecle où nous vivons.
Si nous voulons suivre l’opinion commune qui regle presque toûjours le merite selon l'ancienneté, nous mettrons le siecle d'Apelle beaucoup au dessus de celuy de Raphael, & celuy de Raphael beaucoup au dessus du nostre ; mais je ne suis nullement d’accord de cet arrangement, particulierement à l'égard de la preference qu’on donne au siecle d’Apelle sur celuy de Raphael.
LE PRESIDENT. Comment pouvez-vous ne pas convenir d'un jugement si universel & si raisonnable, sur tout après estre demeuré d'accord de l'excellence de la sculpture de Phidias & de Praxitele ; car si la sculpture de ces temps-là l'emporte sur celle de tous les siecles qui ont suivi, à plus forte raison la Peinture, si nous considerons qu'elle est susceptible de mille beautez & de mille agrémens dont la Sculpture n’est point capable.
L'ABBE. C’est par cette raison là mesme que la consequence que vous tirez n’est pas recevable.
Si la Peinture estoit un Art aussi simple & aussi borné que l’est la Sculpture en fait d'ouvrages de ronde bosse, car c'est en cela seul qu'elle a excellé parmi les Anciens, je me rendrois à vostre advis, mais la Peinture est un Art si vaste de d'une si grande étenduë, qu'il n'a pas moins fallu que la durée de tous les siecles pour en découvrir tous les secrets & tous les mysteres. Pour vous convaincre du peu de beauté des peintures antiques, & de combien elles doivent estre mises au dessous de celles de Raphael, du Titien & de Paul Veronese, & de celles qui se font aujourd’hui, je ne veux me servir que des loüanges mesmes qu'on leur a données.

Conceptual field(s)

CONCEPTS ESTHETIQUES → antique

Conceptual field(s)

PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la peinture
PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → comparaison entre les arts

Si nous voulons suivre l’opinion commune qui regle presque toûjours le merite selon l'ancienneté, nous mettrons le siecle d'Apelle beaucoup au dessus de celuy de Raphael, & celuy de Raphael beaucoup au dessus du nostre ; mais je ne suis nullement d’accord de cet arrangement, particulierement à l'égard de la preference qu’on donne au siecle d’Apelle sur celuy de Raphael.
LE PRESIDENT. Comment pouvez-vous ne pas convenir d'un jugement si universel & si raisonnable, sur tout après estre demeuré d'accord de l'excellence de la sculpture de Phidias & de Praxitele ; car si la sculpture de ces temps-là l'emporte sur celle de tous les siecles qui ont suivi, à plus forte raison la Peinture, si nous considerons qu'elle est susceptible de mille beautez & de mille agrémens dont la Sculpture n’est point capable.
L'ABBE. C’est par cette raison là mesme que la consequence que vous tirez n’est pas recevable.
Si la Peinture estoit un Art aussi simple & aussi borné que l’est la Sculpture en fait d'ouvrages de ronde bosse, car c'est en cela seul qu'elle a excellé parmi les Anciens, je me rendrois à vostre advis, mais la Peinture est un Art si vaste de d'une si grande étenduë, qu'il n'a pas moins fallu que la durée de tous les siecles pour en découvrir tous les secrets & tous les mysteres. Pour vous convaincre du peu de beauté des peintures antiques, & de combien elles doivent estre mises au dessous de celles de Raphael, du Titien & de Paul Veronese, & de celles qui se font aujourd’hui, je ne veux me servir que des loüanges mesmes qu'on leur a données.

opinion

Conceptual field(s)

SPECTATEUR → jugement

jugement

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SPECTATEUR → jugement

Si la Peinture estoit un Art aussi simple & aussi borné que l’est la Sculpture en fait d'ouvrages de ronde bosse, car c'est en cela seul qu'elle a excellé parmi les Anciens, je me rendrois à vostre advis, mais la Peinture est un Art si vaste de d'une si grande étenduë, qu'il n'a pas moins fallu que la durée de tous les siecles pour en découvrir tous les secrets & tous les mysteres. Pour vous convaincre du peu de beauté des peintures antiques, & de combien elles doivent estre mises au dessous de celles de Raphael, du Titien & de Paul Veronese, & de celles qui se font aujourd’hui, je ne veux me servir que des loüanges mesmes qu'on leur a données.

Conceptual field(s)

PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la peinture
PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → comparaison entre les arts

Le mesme Pline raconte encore que Parrhasius avoit contrefait si naïvement un rideau, que Zeuxis mesme y fut trompé. De semblables tromperies se font tous les jours par des Ouvrages dont on ne fait aucune estime. […] Le meme Autheur [ndr : Pline] rapporte comme une merveille de ce qu'un Peintre de ces temps, là en peignant un pigeon, en avoit représenté l'ombre sur le bord de l'auge où il buvoit. Cela montre seulement qu'on n'avoit point encore representé l'ombre qu'un corps fait sur un autre quand il le cache à la lumiere.

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → trompe-l’œil
CONCEPTS ESTHETIQUES → nature, imitation et vrai

Il [ndr : Pline] loüe un autre Peintre d'avoir fait une Minerve dont les yeux estoient tournez vers tous ceux qui la regardoient. Qui ne sçait que quand un Peintre se fait regarder de la personne qu'il peint, le Portrait tourne aussi les yeux sur tous ceux qui le regardent en quelque endroit qu'ils soient placez. Il dit qu’Appelle fit un Hercule, qui estant veu par le dos ne laissoit pas de montrer le visage ; l'étonnement avec lequel il dit qu'on regarda cet Hercule, est une preuve que jusques-la les Peintres avoient fait leurs figures tout d'une piece & sans leur donner aucune attitude qui marquast du mouvement &, de la vie.

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L’HISTOIRE ET LA FIGURE → action et attitude

Conceptual field(s)

L’HISTOIRE ET LA FIGURE → action et attitude

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GENRES PICTURAUX → portrait

Mais que dirons-nous de ce coup de Maistre du mesme Appelle qui luy acquit le renom du plus grand Peintre de son siecle, de cette adresse admirable avec laquelle il fendit un trait fort délié par un trait plus delié encore.
LE PRESIDENT. Je voy que vous n'entendez pas quel fut le combat d'Appelle & de Protogene. Vous estes dans l'erreur du commun du monde qui croit qu'Appelle ayant fait un trait fort delié sur une toile, pour faire connoistre à Protogene que ce ne pouvoit pas estre un autre Peintre qu'Appelle qui l'estoit venu demander, Protogene avoit fait un trait d'une autre couleur qui fendoit en deux celuy d'Appelle, & qu'Appelle étant revenu il avoit refendu celuy de Protogene d'un trait encore beaucoup plus mince.
[...] Il est donc vray qu'il s'agissoit entre Protogene & Appelle d'une adresse de main, & de voir à qui feroit un trait plus delié. Cette sorte d'adresse a longtemps tenu lieu d'un grand merite  parmi les Peintres. L'O de Giotto en est une preuve […].
Mais il y a déja long-temps que ces sortes d'adresses ne sont plus d'aucun merite parmy les Peintres. […] Le Poussin lorsque la main luy trembloit, & qu'à peine il pouvoit placer son pinceau & sa couleur où il vouloit, a fait des tableaux d'une beauté inestimable, pendant que mille Peintres qui auroient fendu en dix le trait le plus delicat du Poussin, n'ont fait que des tableaux tres-mediocres. Ces sortes de proüesses sont des signes évidens de l'enfance de la peinture. Quelques années avant Raphael & le Titien, il s'est fait des tableaux, & nous les avons encore, dont la beauté principale consiste dans cette finesse de lineamens, on y conte tous les poils de la barbe & tous les cheveux de la teste de chaque figure.

Conceptual field(s)

L’ARTISTE → qualités
EFFET PICTURAL → qualité du dessin

ligne · lineament

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → dessin
L’ARTISTE → qualités
EFFET PICTURAL → qualité du dessin

Mais que dirons-nous de ce coup de Maistre du mesme Appelle qui luy acquit le renom du plus grand Peintre de son siecle, de cette adresse admirable avec laquelle il fendit un trait fort délié par un trait plus delié encore.
LE PRESIDENT. Je voy que vous n'entendez pas quel fut le combat d'Appelle & de Protogene. Vous estes dans l'erreur du commun du monde qui croit qu'Appelle ayant fait un trait fort delié sur une toile, pour faire connoistre à Protogene que ce ne pouvoit pas estre un autre Peintre qu'Appelle qui l'estoit venu demander, Protogene avoit fait un trait d'une autre couleur qui fendoit en deux celuy d'Appelle, & qu'Appelle étant revenu il avoit refendu celuy de Protogene d'un trait encore beaucoup plus mince.
Mais ce n'est point là la verité de l'Histoire, le combat fut sur la nuance des couleurs digne sujet de dispute & d'émulation entre des peintres, & non pas sur l’adresse de tirer des lignes. [...] Il est donc vray qu'il s'agissoit entre Protogene & Appelle d'une adresse de main, & de voir à qui feroit un trait plus delié. Cette sorte d'adresse a longtemps tenu lieu d'un grand merite  parmi les Peintres. L'O de Giotto en est une preuve […].
Mais il y a déja long-temps que ces sortes d'adresses ne sont plus d'aucun merite parmy les Peintres. […] Le Poussin lorsque la main luy trembloit, & qu'à peine il pouvoit placer son pinceau & sa couleur où il vouloit, a fait des tableaux d'une beauté inestimable, pendant que mille Peintres qui auroient fendu en dix le trait le plus delicat du Poussin, n'ont fait que des tableaux tres-mediocres. Ces sortes de proüesses sont des signes évidens de l'enfance de la peinture. Quelques années avant Raphael & le Titien, il s'est fait des tableaux, & nous les avons encore, dont la beauté principale consiste dans cette finesse de lineamens, on y conte tous les poils de la barbe & tous les cheveux de la teste de chaque figure.

Conceptual field(s)

L’ARTISTE → qualités

Mais ce n'est point là la verité de l'Histoire, le combat fut sur la nuance des couleurs digne sujet de dispute & d'émulation entre des peintres, & non pas sur l’adresse de tirer des lignes. Appelle prit un pinceau & fit une nuance si delicate, si douce & si parfaite, qu'à peine pouvoit-on voir le passage d'une couleur à l'autre. Protogene fit sur cette nuance, une autre nuance encore plus fine & plus adoucie. Appelle vint qui encherit tellement sur Protogene par une troisiéme nuance qu'il fit sur les deux autres, que Protogene confessa qu'il ne s'y pouvoit rien ajoûter.
L'ABBÉ. Vous me permettrez de vous dire que vous avez pris ce galimatias dans le Livre de Ludovicus Demontiosius. Comment pouvez-vous concevoir qu'on peigne des nuances de couleurs, les unes sur les autres, & qu'on ne laisse pas de voir que la dernière des trois est la plus delicate ? [...].

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

Il est donc vray qu'il s'agissoit entre Protogene & Appelle d'une adresse de main, & de voir à qui feroit un trait plus delié. Cette sorte d'adresse a longtemps tenu lieu d'un grand merite  parmi les Peintres. L'O de Giotto en est une preuve […].
Mais il y a déja long-temps que ces sortes d'adresses ne sont plus d'aucun merite parmy les Peintres. […] Le Poussin lorsque la main luy trembloit, & qu'à peine il pouvoit placer son pinceau & sa couleur où il vouloit, a fait des tableaux d'une beauté inestimable, pendant que mille Peintres qui auroient fendu en dix le trait le plus delicat du Poussin, n'ont fait que des tableaux tres-mediocres. Ces sortes de proüesses sont des signes évidens de l'enfance de la peinture. Quelques années avant Raphael & le Titien, il s'est fait des tableaux, & nous les avons encore, dont la beauté principale consiste dans cette finesse de lineamens, on y conte tous les poils de la barbe & tous les cheveux de la teste de chaque figure.

Conceptual field(s)

MANIÈRE ET STYLE → le faire et la main
L’ARTISTE → qualités

Mais il y a déja long-temps que ces sortes d'adresses ne sont plus d'aucun merite parmy les Peintres. […] Le Poussin lorsque la main luy trembloit, & qu'à peine il pouvoit placer son pinceau & sa couleur où il vouloit, a fait des tableaux d'une beauté inestimable, pendant que mille Peintres qui auroient fendu en dix le trait le plus delicat du Poussin, n'ont fait que des tableaux tres-mediocres. Ces sortes de proüesses sont des signes évidens de l'enfance de la peinture. Quelques années avant Raphael & le Titien, il s'est fait des tableaux, & nous les avons encore, dont la beauté principale consiste dans cette finesse de lineamens, on y conte tous les poils de la barbe & tous les cheveux de la teste de chaque figure.

Conceptual field(s)

CONCEPTS ESTHETIQUES → beauté, grâce et perfection
EFFET PICTURAL → qualité du dessin

Par la composition du tout ensemble j'entens l'assemblage judicieux de toutes ces figures, placées avec entente, & dégradées de couleur selon l'endroit du plan où elles sont posées.

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → composition
EFFET PICTURAL → qualité de la composition

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité de la composition
L’HISTOIRE ET LA FIGURE → groupe
EFFET PICTURAL → qualité de la lumière

Pour bien me faire entendre, il faut que je distingue trois choses dans la peinture. La representation des figures, l'expression des passions, & la composition du tout ensemble. Dans la representation des figures je comprens non seulement la juste delineation de leurs contours, mais aussi l'application des vraies couleurs qui leur conviennent. Par l'expression des passions, j'entens les differens caracteres des visages & les diverses attitudes des figures qui marquent ce qu'elles veulent faire, ce qu'elles pensent, en un mot ce qui se passe dans le fond de leur ame. Par la composition du tout ensemble j'entens l'assemblage judicieux de toutes ces figures, placées avec entente, & dégradées de couleur selon l'endroit du plan où elles sont posées.

Conceptual field(s)

PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la peinture

Pour bien me faire entendre, il faut que je distingue trois choses dans la peinture. La representation des figures, l'expression des passions, & la composition du tout ensemble. Dans la representation des figures je comprens non seulement la juste delineation de leurs contours, mais aussi l'application des vraies couleurs qui leur conviennent. Par l'expression des passions, j'entens les differens caracteres des visages & les diverses attitudes des figures qui marquent ce qu'elles veulent faire, ce qu'elles pensent, en un mot ce qui se passe dans le fond de leur ame. Par la composition du tout ensemble j'entens l'assemblage judicieux de toutes ces figures, placées avec entente, & dégradées de couleur selon l'endroit du plan où elles sont posées. 
Ce que je dis icy d'un tableau où il y a plusieurs figures, se doit entendre aussi d'un tableau où il n'y en a qu'une, parce que les différentes parties de cette figure sont entr'elles ce que plusieurs figures sont les unes à l'égard des autres. Comme ceux qui apprennent à peindre commencent par apprendre à designer le contour des figures, & à le remplir de leurs couleurs naturelles ; qu'ensuite ils s'étudient à donner de belles attitudes à leurs figures & à bien exprimer les passions dont ils veulent qu'elles, paroissent animées, mais que ce n'est qu'après un long-temps qu'ils sçavent ce qu'on doit observer pour bien disposer la composition d'un tableau, pour bien distribuer le clair obscur, & pour bien mettre toutes choses dans les regles de la perspective ; tant pour le trait que pour l’affoiblissement des ombres & des lumieres.

Conceptual field(s)

L’HISTOIRE ET LA FIGURE → expression des passions
L’HISTOIRE ET LA FIGURE → action et attitude

Conceptual field(s)

L’HISTOIRE ET LA FIGURE → expression des passions
L’HISTOIRE ET LA FIGURE → action et attitude
L’HISTOIRE ET LA FIGURE → figure et corps

Conceptual field(s)

L’HISTOIRE ET LA FIGURE → expression des passions
L’HISTOIRE ET LA FIGURE → action et attitude

Conceptual field(s)

L’HISTOIRE ET LA FIGURE → groupe
CONCEPTION DE LA PEINTURE → dessin
CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → composition
CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur

Par la composition du tout ensemble j'entens l'assemblage judicieux de toutes ces figures, placées avec entente, & dégradées de couleur selon l'endroit du plan où elles sont posées. 
Ce que je dis icy d'un tableau où il y a plusieurs figures, se doit entendre aussi d'un tableau où il n'y en a qu'une, parce que les différentes parties de cette figure sont entr'elles ce que plusieurs figures sont les unes à l'égard des autres. Comme ceux qui apprennent à peindre commencent par apprendre à designer le contour des figures, & à le remplir de leurs couleurs naturelles ; qu'ensuite ils s'étudient à donner de belles attitudes à leurs figures & à bien exprimer les passions dont ils veulent qu'elles, paroissent animées, mais que ce n'est qu'après un long-temps qu'ils sçavent ce qu'on doit observer pour bien disposer la composition d'un tableau, pour bien distribuer le clair obscur, & pour bien mettre toutes choses dans les regles de la perspective ; tant pour le trait que pour l’affoiblissement des ombres & des lumieres.

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → perspective
EFFET PICTURAL → qualité de la composition
L’ARTISTE → règles et préceptes

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → perspective
EFFET PICTURAL → qualité des couleurs
CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur

Pour bien me faire entendre, il faut que je distingue trois choses dans la peinture. La representation des figures, l'expression des passions, & la composition du tout ensemble. Dans la representation des figures je comprens non seulement la juste delineation de leurs contours, mais aussi l'application des vraies couleurs qui leur conviennent. Par l'expression des passions, j'entens les differens caracteres des visages & les diverses attitudes des figures qui marquent ce qu'elles veulent faire, ce qu'elles pensent, en un mot ce qui se passe dans le fond de leur ame. Par la composition du tout ensemble j'entens l'assemblage judicieux de toutes ces figures, placées avec entente, & dégradées de couleur selon l'endroit du plan où elles sont posées. 
Ce que je dis icy d'un tableau où il y a plusieurs figures, se doit entendre aussi d'un tableau où il n'y en a qu'une, parce que les différentes parties de cette figure sont entr'elles ce que plusieurs figures sont les unes à l'égard des autres. Comme ceux qui apprennent à peindre commencent par apprendre à designer le contour des figures, & à le remplir de leurs couleurs naturelles ; qu'ensuite ils s'étudient à donner de belles attitudes à leurs figures & à bien exprimer les passions dont ils veulent qu'elles, paroissent animées, mais que ce n'est qu'après un long-temps qu'ils sçavent ce qu'on doit observer pour bien disposer la composition d'un tableau, pour bien distribuer le clair obscur, & pour bien mettre toutes choses dans les regles de la perspective ; tant pour le trait que pour l’affoiblissement des ombres & des lumieres. 
De mesme ceux qui les premiers dans le monde ont commencé à peindre, ne se sont appliquez d'abord qu'à representer naïvement le trait & la couleur des objets, sans desirer autre chose, sinon que ceux qui verroient leurs Ouvrages peussent dire, voila un Homme , voila un Cheval, voila un Arbre, […]. Ensuite ils ont passé à donner de belles attitudes à leurs figures, & à les animer vivement de toutes les passions imaginables : Et voila les deux seules parties de la peinture, où nous sommes obligez de croire que soient parvenus les Appelles & les Zeuxis, si nous en jugeons par la vray-semblance du progrez que leur Art a pû faire, & parce que les Auteurs nous rapportent de leurs Ouvrages ; sans qu'ils ayent jamais connu, si ce n'est tres-imparfaitement, cette troisiéme partie de la peinture qui regarde la composition d'un tableau, suivant les regles & les égards que je viens d'expliquer.

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → composition
EFFET PICTURAL → qualité de la composition

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur
CONCEPTS ESTHETIQUES → convenance, bienséance

Ce que je dis icy d'un tableau où il y a plusieurs figures, se doit entendre aussi d'un tableau où il n'y en a qu'une, parce que les différentes parties de cette figure sont entr'elles ce que plusieurs figures sont les unes à l'égard des autres. Comme ceux qui apprennent à peindre commencent par apprendre à designer le contour des figures, & à le remplir de leurs couleurs naturelles ; qu'ensuite ils s'étudient à donner de belles attitudes à leurs figures & à bien exprimer les passions dont ils veulent qu'elles, paroissent animées, mais que ce n'est qu'après un long-temps qu'ils sçavent ce qu'on doit observer pour bien disposer la composition d'un tableau, pour bien distribuer le clair obscur, & pour bien mettre toutes choses dans les regles de la perspective ; tant pour le trait que pour l’affoiblissement des ombres & des lumieres.

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → lumière
EFFET PICTURAL → qualité de la lumière

Ce que je dis icy d'un tableau où il y a plusieurs figures, se doit entendre aussi d'un tableau où il n'y en a qu'une, parce que les différentes parties de cette figure sont entr'elles ce que plusieurs figures sont les unes à l'égard des autres. Comme ceux qui apprennent à peindre commencent par apprendre à designer le contour des figures, & à le remplir de leurs couleurs naturelles ; qu'ensuite ils s'étudient à donner de belles attitudes à leurs figures & à bien exprimer les passions dont ils veulent qu'elles, paroissent animées, mais que ce n'est qu'après un long-temps qu'ils sçavent ce qu'on doit observer pour bien disposer la composition d'un tableau, pour bien distribuer le clair obscur, & pour bien mettre toutes choses dans les regles de la perspective ; tant pour le trait que pour l’affoiblissement des ombres & des lumieres. 
De mesme ceux qui les premiers dans le monde ont commencé à peindre, ne se sont appliquez d'abord qu'à representer naïvement le trait & la couleur des objets, sans desirer autre chose, sinon que ceux qui verroient leurs Ouvrages peussent dire, voila un Homme , voila un Cheval, voila un Arbre, […]. Ensuite ils ont passé à donner de belles attitudes à leurs figures, & à les animer vivement de toutes les passions imaginables : Et voila les deux seules parties de la peinture, où nous sommes obligez de croire que soient parvenus les Appelles & les Zeuxis, si nous en jugeons par la vray-semblance du progrez que leur Art a pû faire, & parce que les Auteurs nous rapportent de leurs Ouvrages ; sans qu'ils ayent jamais connu, si ce n'est tres-imparfaitement, cette troisiéme partie de la peinture qui regarde la composition d'un tableau, suivant les regles & les égards que je viens d'expliquer.

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur
CONCEPTS ESTHETIQUES → convenance, bienséance

Comme ceux qui apprennent à peindre commencent par apprendre à designer le contour des figures, & à le remplir de leurs couleurs naturelles ; qu'ensuite ils s'étudient à donner de belles attitudes à leurs figures & à bien exprimer les passions dont ils veulent qu'elles, paroissent animées, mais que ce n'est qu'après un long-temps qu'ils sçavent ce qu'on doit observer pour bien disposer la composition d'un tableau, pour bien distribuer le clair obscur, & pour bien mettre toutes choses dans les regles de la perspective ; tant pour le trait que pour l’affoiblissement des ombres & des lumieres. 
De mesme ceux qui les premiers dans le monde ont commencé à peindre, ne se sont appliquez d'abord qu'à representer naïvement le trait & la couleur des objets, sans desirer autre chose, sinon que ceux qui verroient leurs Ouvrages peussent dire, voila un Homme , voila un Cheval, voila un Arbre, […]. Ensuite ils ont passé à donner de belles attitudes à leurs figures, & à les animer vivement de toutes les passions imaginables : Et voila les deux seules parties de la peinture, où nous sommes obligez de croire que soient parvenus les Appelles & les Zeuxis, si nous en jugeons par la vray-semblance du progrez que leur Art a pû faire, & parce que les Auteurs nous rapportent de leurs Ouvrages ; sans qu'ils ayent jamais connu, si ce n'est tres-imparfaitement, cette troisiéme partie de la peinture qui regarde la composition d'un tableau, suivant les regles & les égards que je viens d'expliquer.